Climat: l’espoir de sauver la COP27 en Egypte renaît

Manifestants pour le climat, le 18 novembre 2022 à Charm el-Cheikh en Egypteafp.com - AHMAD GHARABLI

L’espoir de sauver la COP27 en Egypte revenait samedi soir, après un accord sur la question des dégâts climatiques subis par les pays pauvres, un des principaux points de blocage, mais de difficiles négociations se poursuivaient sur les ambitions de baisse des gaz à effet de serre.

« Un accord a été trouvé » sur la création d’un fonds spécifique dédié à ces « pertes et dommages » qui « dirige » les moyens financiers vers les pays les plus vulnérables, a indiqué une source européenne à l’AFP.

Sherry Rehman, ministre pakistanaise du Changement climatique et présidente en exercice du puissant groupe de négociation G77+Chine, qui compte plus de 130 pays, s’est dite « optimiste quant à un résultat positif » sur cette question.

« Du point de vue du continent africain, nous sommes absolument ravis si cette décision est approuvée », a salué Barbara Creecy, la ministre de l’Environnement sud-africaine.

L’accord doit encore formalisé lors d’une grande réunion finale.

La conférence, qui aurait dû se terminer vendredi soir, a longtemps bloqué sur cette question de la compensation des dégâts déjà occasionnés par le changement climatique, les « pertes et dommages ».

Ce sujet est plus que jamais au centre des débats après les inondations historiques qui ont récemment frappé le Pakistan et le Nigeria.

Les pays du Sud insistaient depuis le début de la COP il y a deux semaines sur la création d’un fonds spécifiquement dédié, une demande d’abord accueillie avec frilosité par les pays occidentaux.

– « Pays fragiles » –

L’Union européenne avait fini par faire un pas en avant, en acceptant le principe à condition que l’argent soit destiné aux pays les plus vulnérables et que la base de financement soit élargie à des pays qui ont connu une forte croissance ces trois dernières décennies – à commencer par la Chine ou l’Arabie saoudite.

L’émissaire chinois Xie Zhenhua a estimé samedi que le fonds devrait bénéficier à tous les pays en développement mais a concédé qu’il devrait être orienté « d’abord vers les pays fragiles ».

Cette annonce donne l’espoir que cette 27e conférence internationale sur le climat, qui semblait au bord de l’échec samedi matin, soit sauvée.

« Plutôt pas d’accord qu’un mauvais accord », avait tonné le vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans devant la presse plus tôt dans la journée.

« Nous sommes inquiets de certaines des choses que nous avons vues et entendues au cours des dernières 12 heures », a-t-il dit, ajoutant que l’objectif des Européens était de garder « en vie » la limite de réchauffement de 1,5°C, objectif le plus ambitieux de l’accord de Paris.

La présidence égyptienne, critiquée pour la lenteur des négociations, a fini par publier un nouveau projet de texte final très attendu en début d’après-midi.

– « Pas au bon niveau d’ambition » –

Cette proposition doit encore être discutée lors d’une réunion des chefs de délégations, amendée et éventuellement approuvée plus tard dans la soirée par les négociateurs de près de 200 pays rassemblés à Charm el-Cheikh pour des discussions qui ont déjà débordé d’un jour.

Le document réaffirme les objectifs de l’accord de Paris de 2015, qui vise à limiter le réchauffement de la planète « nettement en-dessous de 2°C » par rapport à l’ère pré-industrielle, et si possible à 1,5°C.

Le texte souligne que les impacts du dérèglement climatique seraient bien moins importants à 1,5°C et affiche l’importance de poursuivre les « efforts » pour respecter cette limite.

Côté énergie, le projet de résolution finale évoque la fin des « subventions inefficaces aux carburants fossile », mais pas la sortie du pétrole ou du gaz.

L’objectif d’une sortie progressive du charbon – acquis de Glasgow l’an dernier – est réaffirmé, mais avec désormais un appel à accélérer le développement des renouvelables au cours de cette décennie.

Mais de nombreux pays poussaient encore samedi après-midi pour que les ambitions soient renforcées du côté de la baisse des émissions de gaz à effet de serre.

« Le volet atténuation n’est pas au bon niveau d’ambition, notamment sur l’utilisation des énergies fossiles », a mis en garde la ministre française de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher.

« Nous devons émerger de la COP27 avec un ensemble de décisions qui garde en vie (l’objectif de) 1,5°C et protège les plus vulnérables », a demandé l’émissaire pour le climat des îles Marshall, Tina Stege.

Les engagements actuels des différents pays sont loin de permettre de tenir l’objectif de 1,5°C.

Selon les analyses de l’ONU, ils permettent au mieux de limiter le réchauffement à 2,4°C d’ici la fin du siècle, menant l’humanité vers le risque que des points de bascule irréversibles soient atteints et provoquent un emballement incontrôlable du dérèglement climatique.

bur-uh-jmi-so/uh/rm

LE JV2 AVEC AFP

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