Guerre en Ukraine : le groupe Wagner publie une vidéo de l’exécution d’un déserteur sur les réseaux sociaux

L'entrée du quartier général du groupe militaire privé Wagner, associé à l'homme d'affaire Evguéni Prigojine, à Saint-Pétersbourg (Russie), le 4 novembre 2022.  (OLGA MALTSEVA / AFP)

Dans une vidéo publiée dimanche 13 novembre sur Telegram, le groupe Wagner a mis en scène l’exécution d’un de leurs membres ayant voulu passer en Ukraine. 

Des images filmées en gros plan, qui ont choqué jusqu’en Russie : la mise à mort sordide d’un membre du groupe Wagner. Lundi 14 novembre, le patron du groupe paramilitaire russe a assumé cette exécution extra-judiciaire.

« Une mort de chien… pour un chien » : c’est par cette phrase qu’Evguéni Prigojine, 61 ans, qui a reconnu en septembre 2022 avoir fondé cette organisation paramilitaire après des années de déni, a résumé les quelques dizaines de secondes filmées – à peine soutenables – de l’assassinat d’Evgeni Nuzhin. L’homme purgeait une peine de plus de 25 ans dans un pénitencier russe où il avait été recruté par le groupe Wagner à l’été pour aller se battre en Ukraine. Une fois sur place, Evgeni Nuzhin fait vite défection. Il est dans la foulée interviewé par plusieurs médias ukrainiens, annonçant vouloir se battre dans les rangs de l’Ukraine. 

Selon le site Gulagu, qui cite des sources russes et ukrainiennes, il semble qu’il ait été cependant « échangé » contre des prisonniers ukrainiens, et ce à la demande express de Evguéni Prigogine, le patron du groupe Wagner. Un échange de prisonnier afin d’être d’être exécuté en Russie de la manière la plus brutale possible : « Cette punition est celle des traitres à l’organisation Wagner », pérorait ainsi la chaine Telegram « Grey zone » qui a posté la vidéo de l’exécution. Le groupe avait déjà publié de telles vidéos, montrant l’assassinat à coups de marteau ou de masse de chantier de prisonniers ou de « traitres » en Syrie, où le groupe Wagner opère depuis 2014.

Wagner tente de reprendre des forces

Un coup de force de la part du groupe paramilitaire russe qui intervient quelques jours seulement après avoir affirmé que l’organisation allait former des miliciens et construire des fortifications dans deux régions de Russie frontalières de l’Ukraine, après le retrait notable des forces russes de Kherson, notamment. « La compagnie militaire privée Wagner aide et va aider la population des territoires frontaliers (de l’Ukraine) à recevoir une formation, à construire des installations, à préparer les gens et à organiser des milices », a ainsi indiqué vendredi 11 novembre, Evguéni Prigojine, cité par le service de presse de sa société Concord. 

Selon lui, ces nouvelles activités ont débuté dans les régions russes de Belgorod et de Koursk, touchées régulièrement ces derniers mois par des tirs attribués par Moscou à l’armée ukrainienne. L’objectit est de construire « des ouvrages fortifiés et des centres de formation de miliciens dans les régions frontalières ». « Qui veut la paix, prépare la guerre. Il faut toujours être prêt à défendre sa terre », a-t-il ajouté. La semaine dernière, le chef de Wagner avait déjà mentionné ce projet, en assurant qu’il allait le financer seul, sans aide de l’Etat russe.

Radio France

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