Ethiopie: premier convoi d’aide médicale du CICR depuis fin août au Tigré

Des ambulances de la Croix-Rouge le 23 juin 2022 à une vingtaine de km de la capitale du Tigré, en Ethiopieafp.com - Yasuyoshi Chiba

Un convoi d’aide médicale, le premier depuis fin août, est arrivé mardi dans la capitale du Tigré, dans la foulée d’un accord destiné à mettre fin à deux ans de guerre dans cette région du nord de l’Ethiopie.

« Les premières fournitures médicales du CICR viennent d’arriver à Mekele (…) par la route », a déclaré à l’AFP Jude Fuhnwi, porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en Ethiopie.

Il s’agit du premier convoi du CICR à atteindre le Tigré depuis la reprise des combats fin août, a-t-elle précisé, même si l’organisation continuait d’y apporter de l’aide avec les stocks de ses entrepôts.

Après cinq mois de trêve, cette reprise des hostilités entre les autorités rebelles du Tigré et l’armée fédérale et ses alliés avait interrompu l’essentiel de l’acheminement routier et aérien vers le Tigré d’une aide humanitaire déjà largement insuffisante.

Selon le CICR, mardi, deux « camions ont livré 40 tonnes d’équipement médical essentiel, des médicaments d’urgence et du matériel chirurgical » aux établissements de santé de la région « pour traiter les cas les plus urgents ».

Si « certains établissements de santé au Tigré ne fonctionnent plus », « ceux encore ouverts manquent de médicaments et de matériel de base ainsi que d’autres fournitures essentielles », souligne l’organisation dans un communiqué.

« Le CICR espère continuer ces livraisons de manière régulière et augmenter significativement la réponse humanitaire au Tigré », dont les six millions d’habitants sont largement privés de nourriture et de médicaments depuis plus d’un an.

– Livraison « sans entrave » –

Une source humanitaire avait indiqué à l’AFP lundi soir que le Programme alimentaire mondial (PAM) de l’ONU préparait un convoi à destination de Shire, ville d’environ 100.000 habitants contrôlée depuis mi-octobre par l’armée fédérale éthiopienne et son alliée, l’armée érythréenne.

Il n’était pas possible de savoir mardi si ce convoi avait pris la route vers le Tigré, par ailleurs également privé de services (électricité, télécommunications, banques, carburant…) depuis plus d’un an.

Le gouvernement éthiopien et les autorités rebelles du Tigré ont signé le 2 novembre à Pretoria un accord de paix devant mettre fin à deux ans d’une guerre meurtrière dans le nord de l’Ethiopie.

Les chefs militaires des deux camps ont ensuite paraphé samedi un document de mise en oeuvre de cet accord, notamment le désarmement des rebelles, le rétablissement des services et la livraison « sans entrave » d’aide humanitaire au Tigré.

Le bilan de deux ans de guerre dans le nord de l’Ethiopie est inconnu. Mais celle-ci a provoqué une catastrophe humanitaire, déplaçant plus de deux millions de personnes et plongeant plusieurs centaines de milliers d’Ethiopiens dans des conditions proches de la famine, selon l’ONU.

En octobre, la responsable de l’Agence américaine pour l’aide humanitaire (USAID), Samantha Power, avait évoqué un bilan « sidérant » et l’International Crisis Group (ICG) et Amnesty International estiment qu’il s’agit d’un des conflits « les plus meurtriers au monde ».

– « Paix et prospérité » –

Plus tôt mardi, le Premier ministre Abiy Ahmed avait appelé au respect des engagements pris à Pretoria, rappelant que la paix était indispensable à la prospérité de l’Ethiopie.

« Nous avons fait un pas. Nous avons discuté et signé, ce que l’on attend de nous désormais est de mettre scrupuleusement en oeuvre les promesses faites et ainsi rendre la paix durable » a-t-il déclaré aux députés lors d’une session de questions-réponses.

« Pour garantir la paix et la prospérité, il était indispensable de cesser la guerre », a-t-il ajouté.

Le Premier ministre a assuré que son gouvernement et l’armée fédérale distribuaient déjà de l’aide dans les zones touchées par le conflit et avaient commencé à rétablir télécommunications et électricité dans certaines, ainsi qu’à rapatrier chez elles les personnes déplacées par la guerre.

Aucune de ces trois assertions n’était vérifiable dans l’immédiat, le nord de l’Ethiopie, dont le Tigré, étant toujours interdit aux journalistes.

Ni les députés ni M. Abiy n’ont évoqué l’éventuel retrait du Tigré de l’armée de l’Erythrée qui a apporté une aide décisive aux troupes éthiopiennes. L’Erythrée n’est nommée ni dans l’accord de paix ni dans le document de mise en oeuvre.

LE JV2 AVEC AFP

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