Ultime semaine avant un Mondial à nul autre pareil

Un homme prend une photo d'une réplique géante du trophée de la Coupe du monde de football de la FIFA devant le stade Al-Bayt de al-Khor (Qatar) le 10 novembre 2022afp.com - Kirill KUDRYAVTSEV

Les championnats nationaux sont en pause depuis ce week-end, les stars vont s’envoler vers le Qatar où le trophée est arrivé: dimanche prochain débute le premier Mondial de football dans le monde arabe, le premier aussi à susciter autant de critiques, sur l’environnement ou les droits humains.

Organisé à l’automne – une autre première – pour éviter les chaleurs insupportables de cette région désertique, le Mondial-2022 s’ouvrira par un Qatar-Equateur inédit dans le stade d’Al Bayt, le plus éloigné de Doha, à une quarantaine de kilomètres au nord de la capitale.

Le pays-hôte, à la faible tradition footballistique, en saura plus sur ses chances de passer la phase de poules d’une compétition que le tenant du titre, la France, entamera contre l’Australie deux jours plus tard, le 22.

Les joueurs arrivent au compte-goutte dans ce pays de moins de 12.000 km², soit environ le tiers de la Belgique ou de la Suisse, l’équivalent de la région parisienne.

Beaucoup ont joué ce week-end, à l’instar des stars du Paris-SG, le Brésilien Neymar, l’Argentin Leo Messi ou encore le Français Kylian Mbappé. Leur partenaire Sergio Ramos ne participera en revanche pas à son cinquième Mondial au sein d’une Espagne rajeunie. Ces quatre sélections apparaissent comme des favorites d’une compétition dont sera absente pour la deuxième fois consécutive l’Italie.

D’autres stars sont retenues sans savoir si elles seront en mesure de tenir leur rang, diminuées par des blessures, comme Sadio Mané (Sénégal), Son Heung-min (Corée du Sud) ou Romelu Lukaku (Belgique). Les sélections doivent être impérativement annoncées avant lundi soir. Et pour son ultime Mondial, quel visage montrera le Portugais Cristiano Ronaldo, qui vit un chemin de croix avec Manchester United ?

– Investissements pharaoniques –

Des débuts sans loupés d’organisation seraient une première victoire pour le petit émirat gazier du Golfe, qui a dû affronter de nombreuses critiques depuis qu’à la surprise générale, la Fifa l’a préférée aux Etats-Unis en décembre 2010.

Ce choix, qui fut « une erreur » selon le patron déchu du football mondial Sepp Blatter, a nécessité des investissements hors-normes, évalués par certaines sources autour de 200 milliards d’euros, dont environ 35 milliards pour le métro et 6,5 milliards pour les stades.

C’est d’abord les soupçons de corruption qu’il a fallu affronter, avec des enquêtes judiciaires suisse, américaine et française. Puis vinrent les attaques sur l’impact environnemental de cet événement, à l’heure du réchauffement et des catastrophes climatiques. Les médias occidentaux ont insisté sur l’absurdité de stades climatisés ou les charters de supporteurs venus quotidiennement des pays voisins pour les rencontres.

Mais c’est surtout la construction des stades de 40 à 80.000 places (sept construits entièrement, un huitième entièrement rénové) qui pèsera sur le bilan environnemental, selon les ONG qui ne croient pas à l’objectif affiché de neutralité carbone.

– Droits humains –

Dans la dernière ligne droite, les attaques les plus virulentes, venues principalement d’Europe occidentale, ont toutefois porté sur le respect des droits humains au Qatar, qui crie au « racisme » et au « deux poids deux mesures ».

Le sort des travailleurs migrants, rouages essentiels d’un pays où les Qataris ne représentent que 10% d’une population de trois millions d’habitants, a été pointé du doigt, certaines ONG avançant le chiffre de milliers de morts sur les chantiers, bilan que Doha dément avec vigueur.

Autorités qataries et Fifa insistent sur les progrès de la législation sociale accomplis en un temps record, avec l’instauration d’un salaire minimum (environ 270 euros mensuels), de sanctions contre les employeurs qui ne le versaient pas et un démantèlement de la « kafala », le système de parrainage qui obligeait tout salarié étranger à obtenir l’autorisation de son employeur pour démissionner.

A plusieurs reprises, Amnesty International et Human Rights Watch ont exhorté la Fifa à verser une compensation financière aux travailleurs qui ont construit les stades.

Autre sujet d’inquiétude dans un pays conservateur où homosexualité et relations sexuelles hors-mariage sont criminalisées, le sort réservé aux personnes LGBTQ+ même si les autorités ont assuré qu’elles seraient accueillies sans discrimination. Les capitaines de huit sélections, comme l’Angleterre, la France ou encore Allemagne, ont annoncé qu’ils porteraient un brassard à bandes colorées contre les discriminations.

Pas sûr que l’initiative plaise au président de la Fifa Gianni Infantino, qui a intimé aux 32 sélections de « se concentrer sur le football » et de ne plus « donner de leçons de morale ». La Fifa a interdit au Danemark de s’entraîner avec des maillots portant le message « Human Rights for All » (« Droits humains pour tous »).

LE JV2 AVEC AFP

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