Policier tué à Bruxelles: l’hôpital « jamais informé » de la dangerosité du suspect

Un policier sur les lieux d'une attaque au couteau, le 10 novembre 2022 à Bruxelles afp.com - Kenzo TRIBOUILLARD

L’hôpital ayant reçu l’assassin présumé d’un policier à Bruxelles jeudi quelques heures avant l’attaque a assuré n’avoir « jamais été informé » par les forces de l’ordre de la dangerosité de l’homme, qui a quitté l’établissement sans faire l’objet d’une évaluation psychiatrique.

Alors que les circonstances du drame font polémique en Belgique, les Cliniques universitaires Saint-Luc ont, dans un communiqué transmis à l’AFP samedi, tenu à « rappeler que tout patient qui se présente aux urgences est libre de les quitter à son initiative sauf s’il s’inscrivait dans le cadre d’une surveillance policière continue, ce qui n’était pas le cas dans le cadre de cette admission ».

« Aucune consigne n’a été donnée par les autorités compétentes », ajoute l’établissement.

Le suspect, Yassine M., un Belge de 32 ans, ancien détenu radicalisé fiché par les services antiterroristes, a attaqué jeudi soir à Bruxelles deux policiers avec un couteau, blessant mortellement l’un deux. Il s’était présenté dans la matinée dans un commissariat de la capitale belge en demandant à être « pris en charge au niveau psychologique », selon le parquet de Bruxelles, et avait, après avis d’un magistrat, été accompagné à l’hôpital Saint-Luc.

L’hôpital indique que l’homme s’est présenté jeudi au service des urgences vers 11H00, accompagné par trois policiers, « pour une prise en charge psychologique volontaire ».

Après « 28 minutes », il a été vu par une infirmière, selon l’établissement, qui précise que les policiers ont quitté le service des urgences « à ce moment-là sans avoir jamais informé les membres du personnel des urgences de la dangerosité de la personne ».

L’homme a ensuite été placé « en salle d’attente pour patienter avant sa prise en charge psychiatrique », mais « une vingtaine de minutes plus tard », l’infirmière venant le chercher a constaté qu’il « avait quitté la salle d’attente et ce, de son plein gré ». « L’évaluation psychiatrique n’a donc pas pu avoir lieu », souligne l’hôpital.

L’attaque, au cours de laquelle un autre policier a été blessé, a suscité questions et protestations jusqu’au sein de la coalition gouvernementale dirigée par le Premier ministre Alexander De Croo, et provoqué la colère des syndicats de policiers, qui appellent à une manifestation à Bruxelles le 28 novembre.

L’assaillant, blessé par des tirs de riposte d’une patrouille arrivée en renfort, a été hospitalisé.

LE JV2 AVEC AFP

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