Rébellion du M23 en RDC: combats à l’artillerie et efforts diplomatiques

Des soldats congolais à Kibumba, le 1er juin 2022 dans une zone de combats avec des rebelles du M23 dans l'est de la RDCafp.com - Guerchom Ndebo

De violents combats ont opposé vendredi l’armée congolaise aux rebelles du M23 dans l’est de la République démocratique du Congo, pendant que le président angolais continuait de chercher une solution diplomatique à la crise entre Kinshasa et Kigali.

Dès le matin, des habitants du territoire de Rutshuru, dans la province du Nord-Kivu, se sont réveillés au son des tirs d’artillerie de l’armée congolaise contre des positions de la rébellion, trois jours après des frappes menées par des avions Sukhoï-25 et des hélicoptères de combat Mi-24.

Un de ces habitants, interrogé par téléphone, a fait état de combats à Rugari, localité située à environ 30 km au nord de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, qui marque depuis quelques jours la ligne de front entre les forces loyalistes et le M23.

Selon lui, les combats ont encore une fois provoqué la fuite de la population. « Je suis à Rumangabo (à 10 km au nord de Rugari), d’où nous entendons le bruit des bombes », a-t-il dit. Les tirs d’artillerie partaient du sud, de Kibumba, également sur la route nationale 2 desservant Goma, a précisé un autre habitant.

A la sortie de la ville, un correspondant de l’AFP a vu un char de combat et un camion de l’armée transportant des munitions qui se dirigeaient vers la zone des combats. « Les combats continuent à Rugari, nous progressons vers Rumangabo », a confirmé une source sécuritaire sous couvert d’anonymat.

Dans l’après-midi, la fourniture en électricité de Goma, cité de plus d’un million d’habitants, a été perturbée après qu’une ligne reliant la ville à la centrale hydroélectrique de Matebe a été touchée par les combats, a indiqué son exploitant, Virunga Energies.

Par ailleurs, le Programme alimentaire mondial a déploré le pillage ces derniers jours de cantines scolaires qu’il soutient dans des écoles de Rutshuru-centre et Kiwanja, deux localités sous contrôle rebelle.

– « Efforts régionaux » –

Le Mouvement du 23 mars (M23) est une ancienne rébellion tutsi qui a repris les armes fin 2021 et a conquis plusieurs localités du territoire de Rutshuru, dont Bunagana, à la frontière avec l’Ouganda.

Après plusieurs semaines d’accalmie, les rebelles ont repris l’offensive le 20 octobre et étendu leur emprise vers l’ouest, occupant des localités sur la RN2 que l’armée tente maintenant de reprendre.

En novembre-décembre 2012, le M23 avait occupé Goma pendant une dizaine de jours, avant d’être vaincu l’année suivante par les forces armées congolaises et les Casques bleus, après 18 mois de guérilla.

Sa résurgence a provoqué un regain de tension entre la RDC et le Rwanda, accusé par Kinshasa depuis le début de l’année de soutien actif à cette rébellion.

Un rapport confidentiel de l’ONU consulté en août par l’AFP pointait une implication du Rwanda auprès du M23 et des dirigeants américains ont également évoqué l’aide des Forces de défense rwandaises au M23.

Mais le Rwanda dément et accuse en retour la RDC – qui nie elle aussi – de collusion avec les FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda), un mouvement de rebelles hutu rwandais, dont certains impliqués dans le génocide des Tutsi en 1994 au Rwanda.

A la fin du mois d’octobre, les autorités congolaises ont expulsé l’ambassadeur rwandais.

Plusieurs initiatives diplomatiques ont été lancées pour tenter de surmonter la crise. L’une d’elles est conduite par le chef de l’Etat angolais, João Lourenço, qui préside la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL).

Celui-ci est arrivé vendredi au Rwanda pour rencontrer son homologue Paul Kagame « dans le cadre d’efforts régionaux visant à normaliser les relations entre le Rwanda et la RDC », a annoncé le journal du parti au pouvoir au Rwanda, The New Times.

Une feuille de route pour mettre fin aux hostilités avait été établie lors d’un sommet négocié par l’Angola entre Paul Kagame et son homologue congolais Félix Tshisekedi en juillet.

Le parlement kényan a par ailleurs approuvé mercredi le déploiement de quelque 900 soldats dans le cadre d’une force régionale est-africaine pour stabiliser l’est la RDC, en proie depuis près de trois décennies aux violences de groupes armés, dont le M23.

LE JV2 AVEC AFP

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