Ukraine: la Russie annonce se retirer d’une ville clé, nouveau revers cinglant

Une pièce d'artillerie de l'armée ukrainienne fait feu sur les positions russes près de Bakhmout (est), le 8 novembre 2022 afp.com - BULENT KILIC

La Russie a essuyé mercredi un nouveau revers majeur dans son assaut contre l’Ukraine en se résolvant au retrait de ses forces de Kherson, une capitale régionale du sud ukrainien cible d’une contre-offensive de l’armée de Kiev.

Ce repli, décidé après le déplacement de quelque 115.000 habitants de la région de Kherson par les forces d’occupation russes, sonne comme une cinglante défaite pour Moscou, déjà contraint d’abandonner la région de Kharkiv (nord-est) en septembre.

Il intervient aussi alors que Vladimir Poutine avait justement ordonné le 21 septembre la mobilisation de quelque 300.000 réservistes pour consolider les lignes russes. Des dizaines de milliers d’entre eux sont déjà dans des zones des combats.

« Procédez au retrait des troupes », a déclaré le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou lors d’une réunion retransmise à la télévision avec le commandant des opérations russes en Ukraine, le général Sergueï Sourovikine, qui venait de faire cette recommandation tout en admettant qu’il s’agissait d’une décision « pas du tout facile » à prendre.

Le symbole est d’autant plus fort que Kherson était la seule capitale régionale conquise par les forces russes, dans les premiers jours de leur offensive en Ukraine, et faisait partie des zones de l’Ukraine dont le président russe Vladimir Poutine avait revendiqué l’annexion par Moscou, fin septembre.

La présidence ukrainienne a de son côté indiqué mercredi soir ne voir à ce stade « aucun signe » de retrait des forces russes de Kherson.

Concrètement, M. Choïgou a ordonné aux combattants russes de se retirer de la rive droite (à l’ouest) du Dniepr, où se trouve la ville de Kherson, pour établir une ligne de défense sur la rive gauche (est) de ce fleuve qui représente un obstacle naturel.

Le Kremlin a repoussé aussi longtemps que possible ce retrait humiliant, mais la situation était devenue de plus en plus difficile pour ses forces face à une armée de Kiev équipée d’armements modernes livrés par ses alliés occidentaux.

La région de Kherson est d’autant plus stratégique que son territoire est frontalier de la Crimée, péninsule ukrainienne annexée par Moscou en 2014.

Le général Sourovikine, avant de proposer le retrait, avait justifié le repli par sa volonté de protéger les vies des soldats russes, et accusé les forces ukrainiennes de bombarder des civils.

« Nous pensons avant tout à la vie de chaque soldat russe », a-t-il affirmé, tout en assurant que l’armée russe « résiste avec succès aux tentatives d’assauts » ukrainiennes.

– Populations déplacées –

Depuis l’annexion annoncée fin septembre par le Kremlin de quatre zones d’Ukraine, dont la région de Kherson, Moscou considère ces territoires comme faisant partie de son sol national.

Or, M. Poutine a prévenu que la Russie défendrait « par tous les moyens » ce qu’elle considère comme son territoire, d’autres hauts responsables russes brandissant explicitement un possible recours à l’arme nucléaire.

Le général Sourovikine a aussi annoncé mercredi que les autorités d’occupation avaient procédé ces dernières semaines à l' »évacuation » de 115.000 personnes de la rive droite vers la rive gauche du Dniepr.

L’Ukraine a dénoncé ces déplacements de population, les qualifiant de « déportation ».

Autre signe de la situation chaotique à Kherson, un haut responsable de l’occupation russe, Kirill Stremooussov, est mort mercredi, selon les autorités locales dans un accident de la route.

M. Stremooussov était l’un des plus ardents partisans de l’annexion de Kherson par Moscou, et sa mort intervient après que plusieurs figures de l’occupation russe ont connu une fin violente à travers l’Ukraine.

Avant l’annonce de ce retrait, les forces d’occupation russes avaient annoncé se préparer à une défense en profondeur sur la rive gauche du Dniepr.

Alors que l’offensive russe entre bientôt dans son neuvième mois, l’Occident a continué de réaffirmer son soutien militaire, logistique et financier à Kiev.

La Commission européenne a proposé mercredi aux Vingt-Sept pays membres d’accorder à l’Ukraine une aide de 18 milliards d’euros pour 2023, sous forme de prêts.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a salué « la solidarité » de l’UE, au moment où Kiev s’inquiète d’un éventuel affaiblissement du soutien américain après des élections de mi-mandat aux Etats-Unis à l’issue encore incertaine, même si la Maison Blanche a assuré que son appui serait « infaillible ».

Le chef de l’Otan, Jens Stoltenberg, s’est lui aussi voulu rassurant envers Kiev.

« Il est absolument clair qu’il y a un fort soutien bipartisan aux Etats-Unis pour poursuivre le soutien à l’Ukraine, et cela n’a pas changé », a-t-il affirmé mercredi à la presse à l’issue d’un entretien avec le Premier ministre britannique Rishi Sunak à Londres.

Le Kremlin a estimé à ce propos que les relations entre Moscou et Washington resteraient « mauvaises » quelle que soit l’issue du scrutin qui s’est tenu mardi.

LE JV2 AVEC AFP

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