Mondial-2022: Suarez-Cavani, dernier tour de piste pour un duo de feu

Les internationaux uruguayens Luis Suarez (D) et Edinson Cavani (G) lors d'un match de la Copa America contre le Brésil, le 28 juin 2021 à Rio de Janeiroafp.com - MAURO PIMENTEL

Figures de proue de l’une des meilleures générations de l’histoire de l’Uruguay, Luis Suarez et Edinson Cavani forment, à 35 ans, un duo offensif hors norme qui s’apprête à disputer au Qatar sa dernière Coupe du monde de football.

Si les deux avant-centres ont étincelé dans les plus grands clubs européens, ils ont également fait briller le maillot de la Celeste.

Nés à 21 jours d’écart dans le département septentrional de Salto, ils occupent les première et deuxième places des meilleurs buteurs de l’histoire de la sélection: 68 buts pour Suarez (en 134 sélections) et 58 pour Cavani (en 133 rencontres).

Cadres indiscutables, ils ont emmené l’Uruguay en demi-finale du Mondial-2010 en Afrique du Sud, en quart de finale du Mondial-2018 en Russie, et à la victoire de la Copa America 2011 en Argentine.

Ils forment « la meilleure paire d’attaquants de l’histoire de la Celeste », assure à l’AFP le journaliste de la chaîne sportive ESPN Diego Munoz.

« Ils ont mis de côté leurs égos, ont toujours privilégié l’équipe et ils se sont apporté l’un l’autre. Des joueurs indispensables d’une génération qui a beaucoup donné à la sélection et qui a donné du rêve à la population », ajoute le journaliste.

« Ces deux-là suscitaient la confiance de pouvoir gagner y compris dans des rencontres équilibrées, avec peu d’occasions en attaque. Il suffisait de leur donner le ballon et ils concrétisaient. De plus, ils s’entendaient très bien: de nombreux buts de Suarez sont venus de passes décisives de Cavani, et vice-versa », estime pour sa part Luis Prats, journaliste et auteur de nombreux ouvrages sur l’histoire du football.

– Symbiose –

Parfaite illustration de cette symbiose, le but magnifique inscrit par Cavani contre le Portugal après un une-deux de 40 m avec Suarez, en huitièmes de finale du Mondial-2018 (2-1).

Leur quatrième Coupe du monde consécutive marquera la fin d’un cycle pour la Celeste, profondément transformée sous la direction de l’entraîneur Oscar Tabarez, qui resta 15 ans à la tête de l’équipe entre 2006 et 2021.

Pour autant, si la perspective d’un dernier tour d’honneur pour les deux attaquants donnera une saveur particulière à cette Coupe du monde au Qatar, là n’est pas leur motivation première.

« Pour celui qui vit, sent et aime le football, et encore plus pour celui qui porte le maillot de son pays, il n’y a pas de mystère: c’est un Mondial » et il en va ainsi « que ce soit pour le premier ou le cinquième », a expliqué Cavani dans une interview à une radio uruguayenne.

« Si ça, ça ne te motive pas, alors on est mal », a ajouté l’ancien goleador du Paris SG, qui évolue désormais à Valence en Espagne.

Quant à Suarez, qui a surpris beaucoup de monde en revenant jouer en Uruguay avec le club de ses débuts, le Nacional Montevideo, il nourrit de grands espoirs pour le Qatar, jugeant la sélection uruguayenne de grande qualité.

– Nouveaux talents –

« Nous avons un mélange de joueurs d’expérience et de qualité: je pense que l’Uruguay peut faire un très grand Mondial », a assuré l’ex-attaquant star de Barcelone.

De fait, outre ce duo historique en pointe de l’attaque, la sélection de Diego Alonso peut compter sur des joueurs en vue dans de grands clubs européens comme Federico Valverde (Real Madrid), Rodrigo Bentancur (Tottenham) ou Darwin Nunez (Liverpool).

Mais cette génération montante va devoir confirmer. « Mettre en place un duo du style de Suarez-Cavani sera très difficile », estime Prats, pour qui les nouveaux talents de la Celeste « doivent parfaire leur progression ».

Son confrère Munoz pense qu’il sera « très très difficile » de remplacer les deux attaquants. Toutefois, nuance-t-il, « il y a aussi eu une période où il n’y avait personne d’autre que (Diego) Forlan et (Diego) Lugano et pourtant ils (Cavani et Suarez) ont pris le relais avec (le défenseur Diego) Godin ».

« La clé sera d’entretenir l’héritage et d’apprendre à jouer sans eux, de modifier le centre du pouvoir vers le milieu de terrain afin que Valverde et Bentancur prennent les rênes de la génération à venir. »

En attendant, l’Uruguay s’en remettra une dernière fois à Suarez et Cavani pour tenter de sortir du groupe H avec une première rencontre le 24 novembre face à la Corée du Sud, avant d’affronter le Portugal et le Ghana.

LE JV2 AVEC AFP

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