Trump et Biden chauffent leurs troupes à la veille d’élections cruciales

Le président américain Joe Biden, lors d'un meeting de campagne à Philadelphie, le 5 novembre 2022 afp.com - Ed JONES

Deux hommes, Joe Biden et Donald Trump, qui jouent chacun leur avenir politique, et une Amérique qui s’apprête à éprouver à nouveau la solidité de sa démocratie: la course pour les cruciales élections législatives de mi-mandat était lundi dans sa dernière ligne droite.

L’actuel et l’ancien présidents devaient s’affronter par meetings interposés, en conclusion d’une campagne qui a exposé crûment les divisions de la première puissance mondiale.

Dans un climat tendu, avec des candidats républicains qui menacent de ne pas reconnaître une éventuelle défaite, la Russie a soufflé sur les braises.

« Nous nous sommes ingérés, nous le faisons et nous allons continuer de le faire. Avec précaution, précision, de façon chirurgicale, d’une manière qui nous est propre », a déclaré lundi un homme d’affaires russe proche du Kremlin, Evguéni Prigojine.

Elon Musk, qui vient de prendre contrôle de Twitter, s’est invité avec fracas dans ces dernières heures de campagne. Le milliardaire a appelé à voter républicain sur son compte aux 114 millions d’abonnés: « Le partage du pouvoir limite les pires excès, donc je recommande de voter pour un Congrès républicain, étant donné que la présidence est démocrate ».

– « Quatre ans de plus! » –

Ce n’est toutefois pas sur Twitter, dont il est toujours exclu, que Donald Trump fait monter le suspense sur une candidature à l’élection présidentielle de 2024.

Le milliardaire sera lundi en meeting dans l’Ohio, un Etat industriel du Midwest emblématique des inquiétudes de cette Amérique qu’il a su séduire: la classe moyenne modeste, majoritairement blanche, vivant à la campagne ou dans des zones périurbaines, tentée par un repli généralisé face à la mondialisation.

Dimanche, sous les cris « Quatre ans de plus! Quatre ans de plus! » de ses partisans, il les a invités avec insistance à « rester branchés » pour ce rendez-vous de lundi.

Les Américains sont appelés aux urnes mardi pour renouveler l’ensemble de la Chambre des représentants et un tiers du Sénat. Toute une série de postes d’élus locaux majeurs sont également en jeu.

– « Vague rouge? » –

Les républicains se montrent de plus en plus confiants dans leurs chances de renverser entièrement le Congrès. C’est-à-dire non seulement de prendre la Chambre des représentants, ce qui est le scénario classique aux « midterms », mais aussi d’arracher à Joe Biden son mince contrôle du Sénat.

Le parti rêve désormais ouvertement d’une « vague rouge » – la couleur des conservateurs.

Kevin McCarthy, possible futur patron républicain de la Chambre des représentants, a déjà envisagé lundi sur CNN de vastes enquêtes sur le bilan de Joe Biden, allant du retrait d’Afghanistan à la gestion de la pandémie de Covid-19. Voire des procédures de destitution.

– « Un choix » –

Les « midterms » se convertissent de fait en référendum sur l’occupant de la Maison Blanche, qui échappe très rarement au vote sanction.

Joe Biden devrait à nouveau répéter lundi, pour son dernier meeting dans l’Etat du Maryland, aux portes de Washington, que cette élection n’est pas un référendum sur son action mais « un choix », en particulier sur le droit à l’avortement et la démocratie.

Face à l’efficacité d’une campagne républicaine centrée sur l’inflation galopante, les démocrates ont tenté d’insister davantage ces derniers jours sur les réformes lancées par Joe Biden pour faire baisser le prix des médicaments, alléger la dette étudiante, relancer l’emploi industriel… Mais les Américains n’en sentiront pas les effets avant des années, alors qu’ils souffrent tous les jours de la flambée des prix.

Donald Trump, lui, s’est jeté à corps perdu dans la campagne, donnant à ces « midterms » l’allure d’une deuxième manche du match de 2020. Voire d’un tour de chauffe avant 2024?

Joe Biden dit jusqu’ici avoir l’intention de se représenter, mais la perspective n’enchante pas tous les démocrates, en raison de son âge — bientôt 80 ans — et de son impopularité.

– Etats décisifs –

Le scrutin, et en particulier le contrôle du Sénat, se joue dans une poignée d’Etats clés: la Pennsylvanie, la Géorgie, l’Arizona, le Nevada, le Wisconsin et la Caroline du Nord.

Au total, près de 17 milliards de dollars auront été dépensés pour ces élections de mi-mandat, selon le site Opensecrets, un record.

En hausse aussi, le vote anticipé: lundi, plus de 40 millions d’Américains avaient déjà voté à l’avance, surpassant le niveau des législatives de 2018, selon le US Elections Project. Impossible toutefois de dire à qui cette tendance profite, même si historiquement, le vote anticipé penche vers les démocrates.

LE JV2 AVEC AFP

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