A J-4 des élections de mi-mandat, Trump déjà rivé sur la présidentielle de 2024

L'ancien président américain Donald Trump en meeting à Sioux City dans l'Iowa le 3 novembre 2022afp.com - Stephen Maturen

A quatre jours des élections de mi-mandat, Donald Trump se projette déjà dans la présidentielle de 2024 misant sur une large défaite des démocrates qui, vendredi, lançaient toutes les forces dans la bataille pour sauver des sièges menacés, y compris dans des bastions comme New York.

« Je vais très très très probablement me représenter. Soyez prêts », a lancé l’ex-président républicain jeudi soir à une foule de partisans réunis dans l’Etat de l’Iowa. « Nous allons reprendre le Congrès, nous allons reprendre le Sénat », a-t-il ajouté. « Et en 2024, nous allons reprendre notre magnifique Maison Blanche. »

Le milliardaire, qui n’a jamais reconnu sa défaite en 2020 et flirte depuis des mois avec l’idée de briguer un nouveau mandat, continue d’exercer son emprise sur le parti républicain.

Il a adoubé un grand nombre de ses candidats pour ces « midterms », multiplie les meetings pour les soutenir et s’attribuera probablement leur succès s’ils privent le président démocrate Joe Biden de sa majorité au Congrès.

Les sondages prédisent une large victoire des conservateurs à la Chambre des représentants, qui doit être entièrement renouvelée, et penchent depuis peu pour une courte majorité républicaine au Sénat, où un tiers des sièges sont en jeu.

Si leurs pronostics se confirment, Donald Trump semble déterminé à profiter de cet élan pour officialiser au plus vite sa candidature et couper ainsi l’herbe sous le pied de potentiels rivaux comme le gouverneur de Floride Ron DeSantis.

– « Désolée » –

« On peut miser sur une annonce rapide », a reconnu jeudi Kellyanne Conway, son ancienne conseillère à la Maison Blanche et proche alliée. « Vous devriez garder vos téléphones sur vous, désolée si vous aviez d’autres projets pour l’après-élection », a-t-elle plaisanté devant un panel de journalistes.

Citant des sources anonymes, le site d’informations Axios misait vendredi sur la date du 14 novembre pour une telle annonce, qui pourrait aussi peser sur les différents dossiers judiciaires concernant Donald Trump.

Le magnat de l’immobilier fait l’objet d’enquêtes sur son rôle dans l’assaut du Capitole, la gestion d’archives de la Maison Blanche et est poursuivi par la justice de l’Etat de New York pour ses affaires financières.

Dans cet Etat, aux mains des démocrates depuis plus de 20 ans, le vent pourrait tourner le 8 novembre.

Face aux nuages qui s’accumulent sur la campagne de la gouverneure Kathy Hochul, le parti a dépêché à ses côtés l’ancienne secrétaire d’Etat Hillary Clinton et la vice-présidente Kamala Harris.

D’autres bastions démocrates, comme l’Oregon ou le Colorado, semblent également fragilisés par le mécontentement lié à une inflation galopante, que les républicains imputent à Joe Biden.

Pour contrer ce message, le président s’est lancé dans une tournée du pays, insistant sur ses efforts pour protéger les classes populaires et l’emploi.

– « Bons emplois » –

Après une étape au Nouveau-Mexique consacrée à l’effacement de la dette étudiante, Joe Biden sera vendredi en Californie pour vanter son plan massif de soutien à la production de semi-conducteurs aux Etats-Unis, puis dans la soirée à Chicago.

Dans la matinée, il a loué les derniers chiffres du marché du travail — un taux de chômage de 3,7% et 261.000 emplois créés en octobre. « Alors que les chefs républicains semblent prêts à applaudir une récession, l’économie américaine continue de croître et de créer des emplois », a-t-il commenté dans un communiqué.

Admettant que l’inflation restait son « principal défi », il a juré de s’y attaquer. « Mais tant que je serai président, je n’accepterai pas qu’on dise que le problème vient du fait que trop d’Américains trouvent des bons emplois ».

Joe Biden, que les républicains accusent aussi d’avoir laissé la frontière sud se transformer en passoire et les rues du pays en coupe-gorge, tente lui de mobiliser les électeurs indépendants sur la défense du droit à l’avortement et de la démocratie.

Il joue beaucoup dans ce scrutin: s’il perd le contrôle du Congrès, la fin de sa présidence sera paralysée et la suite compliquée.

Joe Biden dit jusqu’ici avoir l’intention de se représenter, mais la perspective n’enchante pas forcément tous les démocrates, en raison de son âge – bientôt 80 ans – et de son impopularité. Une lourde défaite ferait vaciller encore plus ce scénario.

LE JV2 AVEC AFP

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