COP27: 15 Nobel appellent l’Egypte à libérer son détenu politique le plus célèbre

Alaa Abdel Fattah, icône de la révolution qui a renversé le président Hosni Moubarak en 2011, lors d'une interview à son domicile au Caire, le 17 mai 2019 afp.com - Khaled DESOUKI

Quinze Nobel ont écrit aux organisateurs de la COP27 en Egypte, notamment à l’ONU, au Caire et à des chefs d’Etat, pour réclamer la libération d’Alaa Abdel Fattah, célèbre détenu politique en Egypte, en grève de la faim depuis sept mois, annonce mercredi ses éditeurs.

Treize lauréats du prix Nobel de littérature, dont les Français Annie Ernaux et Patrick Modiano, l’Espagnol Mario Vargas Llosa ou l’Américaine Louise Glück, ainsi que deux lauréats du Nobel de physique et de chimie signent cette lettre, détaillent Fitzcarraldo Editions et Seven Stories Press.

Depuis le 2 avril, Alaa Abdel Fattah n’ingérait plus qu’un verre de thé et une cuillère de miel par jour pour alerter sur le sort des plus de 60.000 détenus d’opinion du pays, selon les ONG.

Depuis mardi, il n’avale plus aucune calorie et le jour de l’ouverture de la COP27 en Egypte, le 6 novembre, il cessera également de boire de l’eau, a annoncé lundi sa soeur Mona Seif.

« Nous exhortons le monde à ne pas oublier les milliers de détenus politiques d’Egypte et plus particulièrement l’auteur et philosophe britannico-égyptien Alaa Abdel Fattah » aujourd’hui « en danger de mort », assure la lettre des Nobel envoyée notamment au secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, au président américain Joe Biden et au roi britannique Charles III.

« Si le monde se réunit en Egypte puis repart sans un mot pour les plus fragiles, quel espoir peuvent-ils avoir ? Si la COP27 se termine sans que personne n’ait osé parler de peur d’énerver la présidence (égyptienne) de la COP, alors quel est le futur qui y est négocié ? », poursuit le texte.

Alaa Abdel Fattah, condamné fin 2021 à cinq ans de prison pour « diffusion de fausses informations », est une icône de la révolution qui a renversé le président Hosni Moubarak en 2011 et est désormais la bête noire du régime du président Abdel Fattah al-Sissi.

Son sort est au coeur des campagnes pour les droits humains lancées à l’approche de la COP27 à Charm el-Cheikh en Egypte, un pays régulièrement pointé du doigt pour avoir muselé opposition, presse et réseaux sociaux.

Mercredi, huit ONG des droits humains égyptiennes ont ainsi rapporté « au moins 138 détentions arbitraires » liées à un mystérieux appel à manifester le 11 novembre, jour où M. Biden s’adressera aux dizaines de milliers de participants à la COP27.

LE JV2 AVEC AFP

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