Dans l’Amazonie profonde, les autochtones Ticuna célèbrent la victoire de Lula

Geraci Aicuna Dos Santos, autochtone Ticuna avant d'aller voter pour le second tour de la présidentielle au Brésil, le 30 octobre 2022 à Umariacu, dans l'Etat d'Amazonas, au Brésil afp.com - Carlos SUAREZ

Dans l’extrême ouest de l’Amazonie, dans la région où le journaliste britannique Dom Phillips et son accompagnateur brésilien ont été assassinés en juin, les Indiens Ticuna suivent, anxieux, à la télévision la soirée électorale : à l’annonce de la victoire de Lula, c’est l’explosion de joie.

Dans la réserve d’Umariaçu 2, un village composé principalement de maisons en bois aux toits de tôle, à la frontière du Pérou et de la Colombie, on soutient sans limite le candidat de la gauche.

Dans la municipalité de Tabatinga – qui englobe cette réserve indigène – Lula a recueilli 66,93% des suffrages exprimés, Jair Bolsonaro suscitant le rejet auprès des indigènes pour son refus de délimiter de nouveaux territoires afin de préserver leurs habitats et coutumes.

« J’étais très nerveuse dans l’attente du résultat, mais quand Lula a gagné, j’étais si heureuse », déclare à l’AFP Nagela Araújo Elizardo, conseillère autochtone à Tabatinga. « Je sais que Lula obtiendra de bonnes choses pour l’Etat (d’Amazonas, nord) parce qu’il est différent de Bolsonaro ».

Elle place beaucoup d’attentes dans l’ancien président (2003-2020), réélu pour un troisième mandat. Elle espère notamment qu’il améliorera le sort des 57 communautés autochtones de la municipalité.

« Mais la première chose qui doit changer c’est la présidence de la Funai », l’agence gouvernementale brésilienne pour les affaires indigènes, dont les moyens et champs d’action ont été volontairement réduits, selon les détracteurs du gouvernement actuel.

Sebastião Ramos Nogueira, président du Conseil général du peuple Ticuna de Rio Solimoes, 57 ans, portant une coiffe de plumes jaunes et bleues, se réjouit d’avoir « réussi à élire notre président qui avait déjà oeuvré pour nous lors de son premier et deuxième mandat ».

– « On fait la fête » –

Luz Marina Honorato, enseignante Ticuna de 53 ans, dit qu’elle se sent doublement concernée par les aspirations de Lula « pour les peuples autochtones et pour les droits des femmes ».

Dans son premier discours en tant que président élu, Lula a promis de lutter contre la « déforestation », qui a augmenté de plus de 70% pendant les quatre années de mandat Bolsonaro, selon les statistiques officielles.

C’est non loin des villages d’Umariaçu qu’ont été retrouvés les corps du journaliste britannique Dom Phillips et du militant autochtone Bruno Pereira, assassinés par des pêcheurs clandestins sur ces terres autochtones.

En 2019, c’était le responsable antibraconnage de la Funai dans la région qui avait été tué à Tabatinga.

Dans les villages d’Umariaçu 1 et 2, où vivent quelque 12.000 Indiens Ticuna, les voisins se sont rassemblés pour suivre ensemble le décompte des voix face au petit écran.

Concert de klaxons, drapeaux du Parti des Travailleurs (PT) de l’ancien leader syndical, musique ticuna, la fête était totale.

« On a souffert pendant quatre ans et il n’y avait pas d’issue possible. Maintenant, ma communauté fait la fête », savoure le président du Conseil général du peuple Ticuna de Rio Solimoes.

LE JV2 AVEC AFP

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