Brésil : Jair Bolsonaro sort du silence et reconnaît implicitement sa défaite

AFP

Plus de 36 heures après sa défaite face à Luiz Inacio Lula da Silva, Jair Bolsonaro se murait dans le silence.

Il a brisé un assourdissant silence. Plus de 36 heures après sa défaite face à Luiz Inacio Lula da Silva, Jair Bolsonaro a enfin pris la parole ce mardi. Malgré les craintes du camp Lula, l’ex chef de l’État a reconnu a minima sa défaite, en reprenant le nombre de voix qu’il a effectivement obtenues. Après avoir remercié les électeurs ayant voté pour lui, Jair Bolsonaro s’est félicité de voir surgir la droite « dans ce pays pour la vérité ». Le président sortant a ensuite défendu son bilan, estimant avoir toujours fait face et n’avoir jamais dévié des règles et du respect de la constitution. « C’est un honneur d’être le leader de millions de Brésiliens », a-t-il continué.

Anticipant déjà des difficultés, Lula avait souhaité dimanche que « le gouvernement (sortant) soit civilisé » et comprenne qu’ « il est nécessaire de faire une bonne passation de pouvoir ».

Dans les rues, ses soutiens ne l’avaient pas attendu pour faire entendre leur colère, en faisant vrombir leurs moteurs. D’immenses files de véhicules se sont formées depuis dimanche, à l’initiative de nombreux chauffeurs de camions et des manifestants pro-Bolsonaro.

La police routière fédérale (PRF) rapportait encore 250 barrages routiers, totaux ou partiels, dans au moins 23 des 27 États du Brésil mardi matin. C’est dans le sud du pays, comme dans l’État de Santa Carina où Jair Bolsonaro a remporté près de 70 % des voix, que sont recensés le plus de blocages.

Cette marée automobile pourrait-elle submerger la capitale après la prise de parole du leader d’extrême droite ? Craignant une escalade la police a restreint depuis lundi soir l’accès des véhicules à la Place des Trois pouvoirs, où se trouvent le Palais présidentiel, le Parlement et la Cour Suprême, proche de l’immense esplanade des ministères, lieu de rassemblement.

Un juge de la Cour suprême a ordonné le « déblocage immédiat des routes et des voies publiques », a indiqué l’institution dans un communiqué lundi soir et des premières opérations.

Le scrutin très serré

Après avoir perdu dimanche d’extrême justesse face à Lula (50,9 %-49,1 %), le chef de l’État en exercice – jusqu’à la passation de pouvoir le 1er janvier – s’était isolé dans sa résidence officielle d’Alvorada à Brasilia.

Il s’est rendu lundi matin au Palais du Planalto, le siège de la présidence, puis est revenu dans l’après-midi dans sa résidence, sans faire la moindre déclaration.

Pourquoi un tel mutisme ? « La victoire de Lula est une humiliation insupportable », répond Armelle Enders, professeure d’histoire contemporaine du Brésil à l’université Paris-VIII et chercheure attachée à l’Institut français de géopolitique. « À cela se rajoute le fait qu’il a peur d’aller en prison. Au moment de la commission parlementaire sur la gestion du Covid, il y a des accusations à son encontre qui ont été faites. Il y a pas mal d’affaires en suspens. On ne sait pas trop ce qu’il va faire, ça paralyse un peu son action. S’il se mettait à inciter ses partisans à ne pas reconnaître ses élections, ça le mettrait en difficulté. Il va surtout essayer de négocier sa sortie dans les mois qui viennent ».

La victoire de Lula a été saluée dans le monde entier par une avalanche de messages de dirigeants étrangers, de Washington, Londres, Paris, Pékin, Moscou, New Delhi, Buenos Aires à la Commission européenne, dont beaucoup ont exprimé leur impatience de renouer des relations solides et productives avec Brasilia, après quatre années d’isolement diplomatique sous Jair Bolsonaro.

LE PARISIEN

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s