Mali : une situation sécuritaire considérablement dégradée depuis l’arrivée de Wagner, selon le département d’État américain

Sur cette photographie, trois mercenaires russes dans le nord du Mali. La date et le lieu ne sont pas précisés par l'agence Associated Press qui fournit cette image. AP

Au cours des six derniers mois, les actes terroristes auraient progressé de 30% au Sahel selon la sous-secrétaire d’État américaine, Victoria Nuland. Le constat sécuritaire se serait dégradé dans la région depuis l’arrivée des mercenaires russes.

Les États-Unis considèrent que la sécurité s’est considérablement détériorée au Mali depuis que la junte a fait appel aux mercenaires de la société russe Wagner. La présence des Russes limiterait aussi fortement l’action antijihadiste américaine, selon une haute responsable.

Une augmentation de 30% des actes terroristes au cours des six derniers mois

« La junte malienne a fait venir Wagner et le terrorisme a empiré de façon considérable », a déclaré lors d’une visioconférence la sous-secrétaire d’État américaine Victoria Nuland, de retour d’un déplacement au Sahel. Elle a fait état d’une augmentation d’environ 30% des actes terroristes au cours des six derniers mois.

Ce gouvernement intérimaire a fait de très mauvais choix en faisant venir Wagner et en les associant à son dispositif sécuritaire.Victoria Nuland, sous-secrétaire d’État américaine
 

Ces propos contredisent ceux des militaires maliens qui ont pris le pouvoir par la force en 2020 dans ce pays secoué depuis 2012 par la violence et la propagation djihadiste. Les autorités maliennes se sont détournées depuis un an de la France et de ses partenaires, et tournées vers la Russie. Elles avancent avoir inversé la tendance sécuritaire et avoir mis en débandade les groupes djihadistes.

Les États-Unis, la France et les Occidentaux accusent la junte de s’être adjoint les services de la société de sécurité Wagner, aux agissements décriés. Les autorités maliennes démentent et parlent de coopération avec l’armée russe au nom d’une relation ancienne d’État à État.

Victoria Nuland a indiqué avoir fait part des préoccupations américaines au gouvernement malien lors de sa visite. « Ce gouvernement intérimaire a fait de très mauvais choix en faisant venir Wagner et en les associant à son dispositif sécuritaire, et nous en voyons les résultats avec une violence et des actes de terrorisme en augmentation et les forces des Nations unies poussées vers la sortie », a-t-elle dit.

Elle a accusé Wagner de faire pression sur le Mali pour qu’il limite les opérations de la mission de paix de l’ONU (Minusma), limitations dont s’est plainte la Minusma elle-même.

La sous-secrétaire d’État américaine s’est aussi fait l’écho des nombreuses accusations d’abus commis par les hommes de Wagner contre les populations civiles. Les voisins du Mali sont également « très inquiets » de la présence de Wagner au Mali, a-t-elle déclaré en citant la Mauritanie où elle s’est égalament rendue et qu’elle a décrite comme un « îlot de stabilité dans un voisinage très, très âpre ».

Des parachutistes du Burkina Faso s’entraînent avec les forces spéciales néerlandaises lors d’un exercice annuel de lutte contre le terrorisme dirigé par l’armée américaine à Thiès, au Sénégal, le 18 février 2020. Cheikh A.T Sy (AP)

Les États-Unis sont par ailleurs engagés militairement au Sahel. Ils fournissaient jusqu’ici un soutien en logistique et en renseignement à la force antijihadiste française Barkhane au Mali avant que celle-ci ne soit poussée vers la sortie cette année. Victoria Nuland a assuré que les Américains continuaient à collaborer très étroitement avec les Français au Sahel après le redéploiement de ces derniers.

Mais « la faculté des États-Unis à aider le Mali sur le front sécuritaire est fortement restreinte », à cause des lois américaines sur la coopération avec des gouvernements non-élus, « et encore plus maintenant par le choix qu’a fait le Mali d’être de mèche avec Wagner », a-t-elle déclaré. 

Victoria Nuland s’est aussi rendue au Burkina Faso et y a rencontré le nouvel homme fort, le capitaine Ibrahim Traoré. « Il a dit sans équivoque que c’était aux Burkinabè de défendre la sécurité de leur pays et qu’ils n’avaient aucune intention de faire venir Wagner », a- t-elle affirmé.

 

LE JV2 AVEC AFP

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