Mondial féminin de rugby: Joanna Grisez, du VII au XV à vitesse grand V

Joanna Grisez à Whangarei, Nouvelle-Zélande, le 29 octobre 2022 afp.com - MICHAEL BRADLEY

Tout juste auréolée de sa médaille de bronze au Mondial de rugby à VII, elle avait été la « surprise du chef » de la liste des 32 Bleues pour la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande: trois sélections et quatre essais plus tard, l’ailière Joanna Grisez rallie tous les suffrages.

Lors de la nette victoire en quart de finale face à l’Italie (39-3) samedi, la jeune femme de 26 ans aux longs cheveux blonds volant au vent et aux jambes de feu a parfaitement incarné ce mantra que les Françaises répètent à l’envi depuis plusieurs jours: « il faut qu’on lâche les chevaux ».

En inscrivant un triplé (3e, 68e, 70e), la septiste, qui avait déjà marqué un essai lors de sa première sélection face à l’Afrique du Sud en match de poule, a « plié le game ».

« C’est très satisfaisant que Joanna montre ses qualités de finisseuse (…) Je suis très heureux qu’aujourd’hui elle ait pu montrer qu’elle avait toute sa place ici », s’est félicité son entraîneur Thomas Darracq, pas mécontent de sa « trouvaille ».

« Elle a fait une très très grosse saison avec l’équipe de France à VII et aujourd’hui elle a montré toutes ses qualités de puncheuse et de vitesse », a-t-il ajouté.

– « Finisseuse hors pair » –

Il faut dire que quand le nouveau sélectionneur des Bleues, nommé en mai à la place d’Annick Hayraud, a sorti de son chapeau le 11 septembre dernier le nom de Grisez, bien malin qui aurait prédit que la joueuse de l’AC Bobigny réussirait aussi vite à s’imposer et à s’intégrer dans un groupe déjà bien soudé.

Absente de la pré-liste des 38 convoquées en juillet, Grisez, jamais sélectionnée à XV, a été préférée à des ailières plus expérimentées, comme Cyrielle Banet (22 sél.) et Caroline Boujard (46 sél).

La veille de l’annonce, Grisez avait qualifié ses coéquipières pour la demi-finale du Mondial de rugby à VII en marquant un essai somptueux dans le temps additionnel contre les Fidji (19-14). Et le dimanche donc, elle avait inscrit le quatrième essai de la victoire des Bleues sur les Etats-Unis (29-7), lors du match pour la troisième place.

Le lendemain à Marcoussis, Thomas Darracq avait justifié son choix en affirmant que la native de Colombes (Hauts-de-Seine), qui s’est mise au rugby sur le tard à l’université où elle préparait une licence STAPS, était « une finisseuse hors pair ».

– « Envie d’en découdre » –

C’est « une joueuse qui est capable d’être forte dans les petits espaces, une joueuse physique et agressive dans le bon sens du terme », avait-il souligné.

Une vision qui s’est avérée: en seulement trois sélections à XV, la discrète Joanna Grisez est devenue la meilleure marqueuse des Bleues (4 essais) dans cette Coupe du monde.

Ce triplé samedi face aux « Azzurre » récompense simplement « un très beau travail d’équipe (…) C’est moi qui marque, mais là je pense surtout à tout ce qu’on a fait pour enfin réussir à se libérer derrière et ça fait du bien », a réagi modestement « Jo » après la rencontre.

Sa capitaine n’a pas tari d’éloges sur ses lignes arrières, très performantes contre les Fidji, face à qui Maëlle Filopon avait notamment inscrit un doublé, et face à l’Italie.

« Derrière, on a des joueuses qui individuellement sont incroyables. Elles ont un talent énorme (…) On a une réelle ligne de trois-quarts qui est en place et qui a envie d’en découdre », a estimé Gaëlle Hermet, se disant « très, très heureuse pour elles de les voir se lâcher ».

Il n’en faudra pas moins pour battre les « Black Ferns » néo-zélandaises en demi-finale samedi à Auckland.

LE JV2 AVEC AFP

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