Macron sur France 2 pour expliciter son cap et sa méthode

Le président de France Emmanuel Macron quitte le Vatican, le 24 octobre 2022 afp.com - Dominique JACOVIDES

Après une longue séquence européenne, Emmanuel Macron revient mercredi dans l’arène nationale avec une heure d’interview sur France 2 destinée à expliciter le cap de son quinquennat, des retraites à l’immigration, et à réaffirmer son ambition réformatrice malgré les crises et déboires.

Pour la deuxième fois en deux semaines, le chef de l’Etat sera l’invité de « L’Evénement », la nouvelle émission politique de la chaîne animée par Caroline Roux, à 20H30.

Après la guerre en Ukraine et les autres crises internationales le 12 octobre, place cette fois aux enjeux nationaux et aux défis de l’exécutif en l’absence de majorité absolue à l’Assemblée.

Le chef de l’Etat devrait de nouveau se livrer à un exercice de pédagogie face aux nombreuses questions des Français, de la défense de leur pouvoir d’achat malmené par la guerre en Ukraine et l’inflation, à la réforme des retraites sur laquelle l’exécutif a choisi de temporiser, sans renoncer.

« Il va mettre en perspective tous les chantiers à venir et ceux, très nombreux, qui ont été lancés depuis le début du quinquennat », souligne-t-on dans son entourage.

« Le débat sur la fin de vie est lancé, celui sur les retraites aussi, la loi sur l’assurance chômage est en examen, le paquet pouvoir d’achat a été adopté, la méthode de la planification écologique a été présentée », décline un conseiller.

– « Remettre du cap » –

Pour l’Elysée, le cap a été donné dès l’interview du 14 juillet. Mais pour d’autres, la guerre en Ukraine, les inquiétudes sur le pouvoir d’achat et les difficultés de l’exécutif à l’Assemblée ont brouillé le message.

Le président doit « remettre du cap et du sens à cette rentrée », considère une source proche de l’exécutif. « J’attends de la simplicité et de l’écoute, une vision sur la réalité des Français », renchérit la porte-parole du groupe Renaissance à l’Assemblée, Violette Spillebout.

Pouvoir d’achat et salaires, retraites, réindustrialisation, services publics de santé et immigration seront au cœur de l’émission, précise-t-on du côté de France Télévisions.

Les Français sont frappés de plein fouet par l’envolée des prix énergétiques, due notamment à la baisse des livraisons de gaz décrétée par la Russie en réaction aux sanctions européennes.

Ils viennent aussi de connaître trois semaines de pénurie d’essence à la pompe, en raison de débrayages dans les dépôts et raffineries.

Alors que les superprofits de quelques grands groupes, notamment dans le secteur énergétique, alimentent le débat, les revendications autour des hausses de salaires animent l’automne social, scandé par plusieurs préavis de grève et appels à manifester.

– « Marque de fabrique » –

Le sujet de l’immigration est aussi revenu en force après le meurtre de la petite Lola par une Algérienne en situation irrégulière, qui a suscité une polémique politique.

« L’enjeu essentiel c’est (…) de dire quelle sera la marque de fabrique de ce quinquennat qui, pour l’instant, apparaît difficilement lisible », considère le président de l’institut Elabe, Bernard Sananès.

D’en préciser aussi la méthode. Que ce soit sur les retraites ou la crise des carburants, Emmanuel Macron a finalement dû monter en première ligne alors qu’il avait promis de prendre du champ et de laisser sa Première ministre Elisabeth Borne à la manœuvre.

« Le président ne peut jamais être trop absent des sujets intérieurs parce que l’opinion ne le comprendrait pas non plus », souligne Bernard Sananès.

Ces derniers mois, le chef de l’Etat a surtout été offensif à l’international, tentant de se poser en médiateur dans le conflit ukrainien et en chef de file de l’UE face à un chancelier allemand sur la défensive sur le soutien à l’Ukraine.

Sur le front intérieur, M. Macron doit batailler avec des oppositions de gauche et d’extrême droite revigorées. Un coup de semonce a d’ailleurs été adressé lundi à l’exécutif, le RN choisissant de finalement voter avec la Nupes une motion de censure contre le gouvernement Borne.

Si le tir a échoué, faute d’avoir su rallier les voix de la droite, la probable utilisation de 49.3 en série pour faire passer les textes budgétaires des prochaines semaines pourrait conduire à d’autres motions… et autant d’épreuves pour un président qui a déjà agité le spectre d’une dissolution. Une menace en forme d’aveu de faiblesse.

LE JV2 AVEC AFP

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