Nouveau Premier ministre britannique, Rishi Sunak avertit de « décisions difficiles à venir »

Rishi Sunak sur le perron de Downing Street. (Hannah McKay/REUTERS)

Chargé par le roi Charles III de former un gouvernement, le conservateur Rishi Sunak a averti mardi le Royaume-Uni des « décisions difficiles » qui s’annoncent tout en s’attachant à adresser un message « d’espoir », dans pays plongé dans une grave crise économique et sociale.

Ex-banquier et ministre des Finances, Rishi Sunak devient le premier Premier ministre britannique d’origine indienne, de confession hindoue, et le premier à être originaire d’une ancienne colonie britannique. A 42 ans, il est aussi le plus jeune chef de gouvernement de l’histoire contemporaine du Royaume-Uni, après une ascension fulgurante en politique.

« J’unirai notre pays non avec des mots, mais des actes », a-t-il assuré, promettant de « réparer » les « erreurs » commises sous Liz Truss, face à un pupitre au pied droit, contrastant avec la spirale de celui de sa prédécesseure.

Dans un discours à la tonalité grave, il a expliqué qu’il n’était « pas intimidé » par l’ampleur de la tâche. « Nous créerons un avenir qui vaut les sacrifices que tant ont fait et remplirons demain, et chaque jour qui suivra, d’espoir », a-t-il poursuivi.

Rishi Sunak a réitéré le soutien britannique envers l’Ukraine dans la « guerre terrible » livrée par Moscou, qui doit se « terminer par un succès » pour Kiev.

– « Jour historique » –

Il s’est également dit « conscient » du travail à effectuer pour « rétablir la confiance », a-t-il dit dans une allusion aux scandales sous Boris Johnson, à qui il a exprimé sa « gratitude », dans son premier discours devant la célèbre porte laquée noire frappée du N°10.

Ce dernier lui a adressé ses « félicitations » en « ce jour historique ».

Contrainte à partir après la tempête provoquée par son plan massif de baisses d’impôts, Liz Truss, l’avait précédé au palais de Buckingham pour présenter au roi sa démission, après un mandat d’une brièveté record : 49 jours.

Elle a souhaité « tous les succès » du monde à son successeur, « pour le bien de notre pays » et dans un plaidoyer pour l’audace au pouvoir cité le philosophe romain Sénèque : « ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles ».

Elle s’est ensuite rendue pour remettre sa démission à Charles III au palais de Buckingham. Le souverain, âgé de 73 ans, a confié la tâche de former un nouveau gouvernement à Rishi Sunak, qui, sauf surprise, devrait notamment conserver Jeremy Hunt au poste de ministre des Finances.

Rishi Sunak prend les rênes d’un pays confronté à une grave crise économique et sociale. L’inflation dépasse les 10%, au plus haut au sein du G7. Les prix de l’énergie s’envolent, comme ceux de l’alimentation. Le risque d’une récession plane.

Il lui faudra aussi calmer les marchés, ébranlés par les annonces budgétaires du gouvernement Truss fin septembre, annulées depuis pour l’essentiel, en catastrophe.

Rishi Sunak arrive au pouvoir dans une période d’instabilité sans précédent. Il est le cinquième Premier ministre britannique depuis 2016, quand le Royaume-Uni a choisi à l’occasion d’un référendum de sortir de l’Union européenne, et le troisième en deux mois.

– Brexiter –

Il prend la tête d’un parti conservateur extrêmement divisé, après douze ans au pouvoir. Alors que l’opposition travailliste caracole en tête dans les sondages à deux ans des élections législatives, Rishi Sunak a prévenu les députés de son camp qu’ils devaient « s’unir ou mourir ».

Il a exclu des élections anticipées, réclamées par le Labour. Mais, selon un sondage Ipsos publié lundi, 62% des électeurs souhaitent un tel scrutin avant la fin 2022.

Brexiter de la première heure, qui passe pour un travailleur pragmatique, Rishi Sunak devra avec son gouvernement à la fois donner des gages aux marchés et satisfaire les clans de sa majorité, au risque de subir le même sort que Liz Truss. Il devra aussi détailler ses projets, après s’être imposé sans programme ni vote des adhérents.

Pendant la précédente campagne, l’été dernier, au cours de laquelle il avait été battu par Liz Truss, cet ancien chancelier de l’Echiquier (2020-2022) avait insisté sur la nécessité de lutter contre l’inflation, qualifiant les promesses de baisses d’impôts de son adversaire de « conte de fées ».

Sur l’immigration, il avait dit soutenir le projet ultra-controversé, et pour l’heure bloqué, consistant à envoyer les migrants arrivés illégalement au Royaume-Uni au Rwanda.

LE JV2 AVEC AFP

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