Le Tchad prolonge de deux ans maximum la transition vers des élections

Le président de la transition Mahamat Idriss Deby Itno, lors de la cérémonie d'ouverture du dialogue national au Palais du 15 janvier à N'Djamena, le 20 août 2022. © Aurélie Bazzara-Kibangula, AFP

Au Tchad, le « Dialogue national inclusif et souverain » a rendu, samedi, ses conclusions : le période de transition avant la tenue d’élections a été prolongée de deux an maximum. Et à l’issue des discussions, Mahamat Idriss Déby Itno, accusé par l’opposition d’avoir mené un coup d’État en avril 2021, a été autorisé à se présenter à la présidentielle. 

Le Tchad a prolongé, samedi 1er octobre, de deux ans maximum sa période de transition vers des élections. Le pays maintient à la tête de l’État le chef de la junte militaire qui sera autorisé à briguer la présidence, selon des mesures adoptées par un dialogue de réconciliation nationale.

Les centaines de délégués, en l’absence d’une grande majorité de l’opposition et des organisations de la société civile qui le boycottent, ainsi que de deux des trois importants groupes armés rebelles, ont adopté ces mesures par « consensus », Mahamat Idriss Déby Itno devenant « le président de Transition ».

Ce Dialogue national inclusif et souverain (DNIS) a été lancé laborieusement le 20 août, 16 mois après que le jeune général a été proclamé par l’armée président de la République au lendemain de la mort de son père, Idriss Déby Itno, tué en se rendant au front contre les rebelles. 

Des élections « libres et démocratiques » promises aux Tchadiens

À la tête d’un Conseil militaire de Transition (CMT) de quinze généraux, il avait abrogé la Constitution, dissout le Parlement et limogé le gouvernement. Mais il avait aussitôt promis de rendre le pouvoir aux civils par des élections « libres et démocratiques » après une « transition » de 18 mois renouvelable une fois.

Il s’était également engagé auprès des Tchadiens et de la communauté internationale à ne pas se présenter à la future présidentielle.

Quelques jours après ses promesses, ce dernier était adoubé en grande pompe aux obsèques de son père par les représentants de l’Union africaine (UA), de l’Union européenne (UE) dont la France représentée par son président Emmanuel Macron, quand elles vilipendaient et sanctionnaient ailleurs en Afrique les militaires putschistes au Mali, au Burkina Faso, en Guinée et au Soudan.

La communauté internationale avait toutefois demandé à Mahamat Déby de ne pas prolonger la transition au-delà de 18 mois pour rendre le pouvoir aux civils, et de ne pas se présenter à la présidentielle ensuite.

Mais le chef de la junte avait porté en juin 2021 un premier coup de canif à ses promesses, en envisageant 18 mois de plus « si les Tchadiens ne parviennent pas à s’entendre » et en remettant son « destin » à « Dieu » sur une éventuelle candidature.

LE JV2 AVEC AFP

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