Le jeu de quilles diplomatique se poursuit au Nicaragua

Le Président du Nicaragua Daniel Ortega (C), la Vice-présidente et Première Dame Rosario Murillo et le directeur Général de la Police nationale Francisco Diaz Madriz, le 28 septembre 2022 à Managua afp.com - Jairo CAJINA

Le Nicaraga se retouve samedi encore plus isolé sur la scène internationale après que le président Daniel Ortega a refusé l’arrivée de l’ambassadeur désigné par les Etats-Unis puis rompu les relations diplomatiques avec les Pays-Bas.

Sept mois après l’expulsion du nonce apostolique, et au lendemain de la notification de celle de l’ambassadrice de l’Union européenne, le pays d’Amérique centrale a ajouté un pays à sa liste noire.

Le Nicaragua a coupé les ponts vendredi soir avec le gouvernement des Pays-Bas qualifié d' »interventionniste » et de « néocolonial », après que son ambassadrice eut informé que La Haye renonçait à financer la construction d’un hôpital dans le cadre de la coopération.

L’ambassadrice des Pays-Bas Christine Pirenne, accréditée auprès du gouvernement de Managua mais basée au Costa Rica, avait rencontré jeudi le ministre nicaraguayen des Affaires étrangères Denis Moncada pour l’en informer.

Mme Pirenne, qui a regagné vendredi le Costa Rica, a tenu « un discours piétinant la dignité » du peuple nicaraguayen, a accusé M. Ortega. « Dehors ! « , a-t-il tonné.

Quelques heures plus tôt vendredi, la la vice-présidente nicaraguayenne Rosario Murillo, également épouse du président Daniel Ortega, avait prévenu que le nouvel ambassadeur américain Hugo Rodriguez n’entrerait pas » au Nicaragua, invoquant l’attitude « d’ingérence » du diplomate américain.

– « Messieurs les impérialistes » –

« M. Hugo Rodriguez, nous le répétons, ne sera admis en aucun cas au Nicaragua (…) Que ces messieurs les impérialistes se le tiennent pour dit: ici, Hugo Rodriguez n’entrera pas », a déclaré Mme Murillo, qui a lu une note du ministère des Affaires étrangères dans une communication aux médias officiels.

Le ministère nicaraguayen des Affaires étrangères souligne avoir averti Washington dès le 28 juillet que la nomination de M. Rodriguez comme ambassadeur à Managua ne serait pas acceptée, en raison de son attitude « d’ingérence insigne, de son irrespect, dont l’accréditation représentait une offense », après avoir qualifié le régime de Managua de « dictature » lors de son audition par le Sénat américain durant le processus de nomination.

Commentant la décision des autorités de Managua, Mme Murillo a qualifié d' »insolite » la décision de Washington de confirmer la nomination de M. Rodriguez.

Cette décision intervient au lendemain de la notification à l’ambassadrice de l’Union européenne Bettina Muscheidt de son expulsion par le ministre des Affaires étrangères Denis Moncada. Celle-ci devrait quitter le pays samedi, selon des sources diplomatiques.

L’ambassadeur du Vatican, le nonce apostolique Waldemar Sommertag, a été expulsé en mars, une décision inédite dans le monde. Le Vatican avait fait part de son « incompréhension et de son regret ».

Le Saint-Siège avait rappelé « sa participation en tant que témoin et accompagnateur à la table du dialogue national entre le gouvernement et l’opposition politique, en vue de la réconciliation du pays et de la libération des prisonniers politiques », pour tenter de trouver une issue à la crise ouverte par des manifestations en 2018 pour réclamer la démission de M. Ortega et de Mme Murillo.

La répression avait fait au moins 355 morts, selon les organisations de défense des droits humains.

Mgr Sommertag n’a, à ce jour, pas été remplacé à Managua.

Le président Ortega a refusé mercredi soir la main tendue du pape, qui insiste sur la nécessité de « dialogue », en qualifiant l’Eglise catholique de « dictature parfaite, de tyrannie parfaite ».

En mars également, le chef de la mission du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) Thomas Ess avait été expulsé, sans explication.

Le mois suivant, le bureau de l’Organisation des Etats américains (OEA) avait été fermé et son représentant prié de quitter le pays. Déjà en décembre 2018, la délégation de la Commission interaméricaine des droits de l’homme de l’OEA (CIDH) avait été expulsée.

Daniel Ortega a été réélu pour un quatrième mandat consécutif lors d’un scrutin d’où étaient absents tous ses adversaires potentiels de poids, arrêtés ou contraints à l’exil.

La communauté internationale n’a de cesse de condamner la dérive du régime. L’UE et les Etats-Unis ont imposé de nombreuses sanctions contre le Nicaragua et des personnalités du régime depuis quatre ans, invoquant notamment des violations des droits humains.

LE JV2 AVEC AFP

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