Centrafrique : un Français accusé d’espionnage en liberté provisoire

L'ancien militaire Juan Rémy Quignolot après son arrestation à Bangui, en Centrafrique, le 10 mai 2021. © Capture d'écran

Juan Rémy Quignolot, un ancien militaire français, avait été interpellé à Bangui en mai 2021. Il est accusé d’« atteinte à la sécurité intérieure de l’État », « complot » et « espionnage ».

Un Français arrêté il y a seize mois en possession d’armes de guerre en Centrafrique a été remis ce mercredi en liberté provisoire dans l’attente d’un procès, a annoncé l’ambassadeur de France à Bangui. Juan Rémy Quignolot, un ancien militaire, avait été interpellé le 10 mai 2021 à Bangui, puis accusé d’« atteinte à la sécurité intérieure de l’État », « complot » et « espionnage », dans un contexte de tensions persistantes entre la France et son ancienne colonie.

« M. Quignolot, affaibli par une grève de la faim depuis quinze jours, a été relâché en liberté provisoire sous caution judiciaire cet après-midi », a annoncé Jean-Marc Grosgurin, l’ambassadeur de France. « Notre priorité était de le faire sortir avant son procès, mais aussi qu’il soit en mesure de recevoir des soins », a ajouté le diplomate.

« J’ai demandé sa remise en liberté, compte tenu des délais dépassés de sa détention provisoire, à la chambre d’accusation » de la Cour d’appel de Bangui, « qui a accepté de le relâcher jusqu’à son procès supposé se dérouler fin octobre », a expliqué son avocate Arlette Sombo Dibelé, en rappelant que son client « bénéficie de la présomption d’innocence ».

Il encourt les travaux forcés à perpétuité

« Nous sommes heureux de voir que le processus judiciaire centrafricain est juste et qu’il a mené à la libération provisoire de Rémy Quignolot qui peut attendre son procès en homme libre », a commenté par téléphone sa sœur, Caroline Quignolot.

« Cette remise en liberté est purement humanitaire », a assuré Éric Didier Tambo, procureur général près la Cour d’appel. « Nous avons fait le choix de le libérer de manière provisoire » pour éviter qu’une détérioration de sa santé ne l’empêche de comparaître le moment venu, a-t-il expliqué.

Juan Rémy Quignolot avait travaillé pour plusieurs organisations en Centrafrique comme garde du corps, selon des sources humanitaires. Des photos de son arrestation avaient été diffusées sur les réseaux sociaux, le montrant les mains liées dans le dos, un important arsenal à ses pieds.

Paris avait qualifié cette médiatisation d’« instrumentalisation manifeste » visant « la présence et l’action de la France », accusant implicitement la Russie, qui, depuis 2018, défie son influence dans ce pays qui compte parmi les plus pauvres du monde. L’Assemblée nationale ayant aboli la peine de mort en mai, Quignolot encourt les travaux forcés à perpétuité.

LE JV2 AVEC AFP

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